Pas besoin d’être un expert pour craindre le pire pour l’avenir du français à Montréal et au Québec.
Malgré les tentatives de camouflage et de maquillage du gouvernement, tout observateur averti sait que le français perd du terrain chez nous.
Que fait le gouvernement Charest pour contrer cette situation inquiétante? Il se paie avec nos impôts de belles annonces sur les autobus et dans le métro valorisant la langue française. Il espère naïvement que les 55 000 nouveaux immigrants qu’il souhaite accepter chaque année s’intégreront facilement en français aux 1,7 millions de Québécois de l’île de Montréal dont la moitié n’a pas le français comme langue maternelle. Il laisse la moitié des nouveaux Québécois se diriger vers les cégeps anglophones. Il demande à ses fonctionnaires de s’adresser en anglais aux Québécois issus de l’immigration qui n’ont pas notre accent. Il accorde la moitié des milliards destinés aux deux mégas CHUS au McGill University Health Center anglophone pour desservir la minorité de 10% d’anglophones.
Je rappelle que nous Québécois francophones sommes 2% de la population d’Amérique du Nord, un peu comme les francophones de mon Manitoba natal qui ne sont aujourd’hui que 2% de la population totale de la province parlant encore le français à la maison. Dans cette province, à l’entrée dans la Confédération canadienne en 1870, mes ancêtres francophones étaient majoritaires. Des mesures législatives hostiles comparables aux 200 trous faits par la Cour suprême du Canada dans la Charte de la langue française au Québec et une immigration massive s’intégrant avec raison à l’anglais ont réussi à louisianiser le Manitoba français.
Une des plus grandes jouissances de Jean Charest est de siéger avec ses amis autour de la table de la Conférence des premiers ministres, grands bâtisseurs de la Confédération moderne canadienne et ... de faire des « jokes » en anglais.
Peut-on lui faire confiance, à lui, un des pères modernes de la Confédération canadienne pour assurer la défense et la promotion du français à Montréal et au Québec? Je crois que NON.
Georges Le Gal
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