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Le carnet de Frédéric Lacroix

Ma "liste d'épicerie"

Les élections se suivent mais ne se ressemblent pas.

Le contraste est en effet saisissant entre le vent d'espoir et de fraîcheur qui a balayé la clique d’affairistes de droite cyniques groupés autour de George W. Bush et conduit à l'élection du premier président américain noir et le vent mauvais qui a toutes les chances de reconduire au pouvoir le 8 décembre John James Charest et la nébuleuse d’hommes d’affaires qui le finance et le dirige. M. Charest veut obtenir un mandat majoritaire afin de terminer la job que Paul Desmarais lui a confiée : démanteler ce qui reste de l’État québécois pour le donner à Power Corporation et ses amis, neutraliser les institutions québécoises construites au cours de la Révolution tranquille afin de faire perdre le contrôle effectif de vastes pans de son économie et de son destion au peuple québécois, et détruire la base organisationnelle du mouvement indépendantiste. La petitesse, l'étroitesse et la médiocrité auxquelles nous convie John James Charest et ses hommes d’affaires donne le goût de pleurer.

Mais qui s’oppose à la spoliation des biens publics à laquelle M. Charest promet de se livrer s’il est ré-élu majoritaire? Qui peut lui barrer le chemin?

On a peine à comprendre en quoi le PQ de Mme Marois se distingue du PLQ de M. Charest. Leur doctrine économique diffère-t-elle? On sent le PQ plutôt en accord avec les doctrines néolibérales ayant cours.

Leur vision de la culture? Mme Marois a dit qu’elle voulait des cours d’histoire en anglais au secondaire, alors…

Bref, que faire, pour qui voter?

Tous les partis en liste s'engagent à s'occuper de l'économie. Bon, ce point est réglé!

Il me semble que pour justifier un vote pour un parti, celui-ci doit s’engager à livrer AU MOINS un des items suivants, sans cela, ça ne vaut pas le peine de se déplacer pour aller mettre son petit bulletin dans la boîte :

1) Imposer les clauses scolaires de la Loi 101 au cégep.
2) Annuler le projet de mégahôpital de McGill (le McGill University Health Center)
3) Abolir la Loi 86 qui a ré-introduit le bilinguisme dans l’État québécois.
4) Soustraire le Québec de la Constitution canadienne de 1982.

Y en a-t-il d'autres?

Encore une fois

Inauguration le 18 septembre d'un "Life Sciences Complex" de 73 M$ à McGill, gracieuseté de donateurs privés, du Canadian Government et du lamentable gouvernement du Québec.

Voir:

http://www.mcgill.ca/newsroom/news/item/?item_id=101831

Les institutions anglophones continuent de prendre de l'expansion à Montréal.

La main d'oeuvre pour l'industrie biophramaceutique est formée en anglais sans que le Québec ne trouve rien à redire, les spinoffs de cette recherche imposeront naturellement l'anglais comme langue de travail à Montréal, les redevances de brevets iront engraisser la caisse de McGill (presque 1 milliard de dollars de fonds privés), les installations de pointe (dont l'UdeM ne peut que rêver ) attireront d'autres investissements, la roue tourne Mesdames et Messieurs.

La roue tourne qui est en train de broyer lentement mais sûrement le Québec français.

Face à un PQ qui continue à prêcher le déni de la réalité et l'attentisme, que fait-on?

No Future

La « Canadian Foundation for Innovation » (CFI) remettra finalement non pas 50, mais bien 100 millions de dollars au « Research Institute » du McGill University Health Center (MUHC). Voilà la somme la plus élevée jamais accordée par le CFI. À ces 100 millions viendront s’ajouter automatiquement 100 millions du gouvernement québécois. Ajoutons à cela les 160 millions de fonds privés déjà récoltés par le MUHC pour le projet du mégahôpital. Bref, ça va bien pour le MUHC. Un beau projet bien pensé, des infrastructures uniques, beaucoup d’espace pour de l’expansion, l’avenir s’annonce radieux pour la recherche en anglais au Québec.

Le Centre hospitalier de l’université de Montréal (CHUM), pour sa part, a de plus en plus l’air d’un quêteux. Il n’aura droit à absolument rien de la part du CFI. Le montage financier qui doit conduire à sa réalisation reste toujours à définir. Le CHUM n’a à peu près rien récolté à ce jour en termes de fonds privés. Le président de la campagne de financement de la Fondation du CHUM n’est même pas encore trouvé (tous les candidats potentiels ont refusé le poste!).

Il est à noter que la CFI a accordé la totalité de la somme à distribuer dans cette compétition destinée aux « University Hospitals », soit 426 millions de dollars, à des institutions anglophones. Aucune institution francophone au Canada ne touchera un seul sou. On ne prête qu’aux riches…

Mais peut-être la CFI a-t-elle eu raison de ne pas financer le CHUM? Il faut avouer que le projet du CHUM est un mauvais projet et que le choix du site de St-Luc, motivé par le désir d’avoir un hôpital de proximité, une catastrophe. La clientèle du CHUM n’est plus au centre-ville de Montréal, mais partout dans les couronnes Nord et Sud de l’île. Un hôpital en forme de gratte-ciel où les patients vont passer leurs journées à se battre pour une place dans les ascenseurs, coincé au centre-ville, difficile d’accès, privé de toute possibilité d’expansion, voilà qui n’est guère enthousiasmant.

Du côté du MUHC, les possibilités d’expansion sont presque sans limites. McGill parle déjà d’installer un centre de protonthérapie de 100 millions de dollars pour le traitement du cancer à la cour Glen. D’autres projets vont suivre.

Bref, à moins d’un sursaut de la part des Québécois, d’une prise de conscience à propos de la catastrophe qui se prépare, et d’actions pour redresser ce dossier, l’avenir de la médecine et de la recherche de langue française s’annonce bien sombre au Québec. Il faut absolument : 1) Financer et autoriser un seul méga-hôpital à Montréal. 2) Choisir un autre site que St-Luc pour le CHUM.

« University of Montreal »

« McGill University » est mondialement connue et est devenue presque synonyme avec les mots « recherche » et « Montreal » (sans accent).

Mais quel peut bien être le nom de l’autre grande université de recherche à Montréal? Le néophyte qui chercherait à le savoir en scrutant la littérature scientifique serait très rapidement confus, tant « l’Université de Montréal » se décline sous des appellations variées. Une petite recherche sur Internet nous indique que les chercheurs de l’Université de Montréal, du Centre hospitalier de l’université de Montréal (le CHUM) et du Centre de recherche du CHUM (le CRCHUM), publient leurs recherches sous une variété de noms différents, sans logique ni ordre apparent. Ainsi, l’on tombe sur des publications émanant de la « University of Montreal », « Montreal University », « Montreal University Research Center », « University of Montreal Hospital ». Difficile de reconnaître « l’université de Montréal », le « CRCHUM » ou le « CHUM » dans cette foison d’appellations. Les conséquences de cette schizophrénie nominative sont importantes : l’impact scientifique et le prestige de la plus grande institution scientifique de langue française en Amérique est dilué, fragmenté, amoindri. Selon les statuts de l’université, le nom de l’université ne doit pourtant pas être traduit. La « University of Montreal » n’existe donc pas, stricto sensu. L'UdeM a-t-elle honte d'être une université de langue française?

Uniformiser les appellations, voilà une toute petite tâche de rien du tout à laquelle pourrait s’atteler la direction de l’UdeM, qui ne coûterait rien, mais qui aurait cependant un grand impact.

Manipulations

Les "fuites" du rapport Taylor-Bouchard présentées en exclusivité par The Gazette en fin de semaine ont causé un bel émoi.

"Ouvrez-vous et fermez-la" résumait Le Devoir.

Selon ces fuites, la crise des accomodements raisonnables serait due aux Québécois francophones, que l'on accuse de "manque d'ouverture" nous rappelant ainsi les subtiles accusations de "tribalisme" et de "nationalisme ethnique" de Trudeau. La charge est tellement outrancière et déconnectée de toute réalité que j'ai comme un soupçon.

S'il s'agissait de la bonne vieille stratégie du ballon d'essai outrancier? On veut faire accepter une idée un peu tordue? On cherche, par exemple, à nier que les francophones pourraient bien avoir raison de s'inquiéter quant à leur avenir? Rien de plus simple, on commence par lancer des "fuites" savamment orchestrées disant qu'en fait les francophones sont responsables de la crise, qu'ils sont fermés, qu'ils ont de mauvaises pensées, etc. Levée de boucliers dans la population. Bon. on recule un peu. On publie ensuite le vrai rapport. Tout le monde s'empresse de pousser un soupir de soulagement à la constatation que le rapport est bien moins pire que ce à quoi on nous a préparé. Par contraste, on trouve l'idée que les francophones n'ont aucune raison de s'inquiéter presque juste. Les protestations s'estompent. La chose est acceptée.

Je parierais que le rapport Taylor-Bouchard sera plus nuancé que ce que The Gazette a présenté, mais restera toujours aussi inacceptable. Mais par contraste, il passera bien mieux.

N'oublions pas que Charest s'est adjoint les hommes de Bourassa l'automne dernier, les mêmes hommes qui ont réussi à garder le Québec dans la prison fédérale et le statu quo après le lac Meech alors que l'indépendance était à 60% et que les francophones étaient quasi-unanimes à vouloir une refonte majeure de la fédération. Détourner tout un peuple de la voie qu'il s'était choisie par la tactique, l'hypocrisie et le mensonge, voilà qui n'est pas un mince exploit.

Pour ces professionnels de l'intrigue, faire accepter un rapport se gargarisant de sémantique et de théories à la mode sera presque un jeu d'enfant. Bien plus facile en tout cas, que de chercher à comprendre vraiment.

Vae victis!

Malheur aux vaincus!

Un article de Robert Dutrisac du Devoir nous apprenait le 6 mai 2008 que le gouvernement du Québec laissait le premier rôle en France au gouvernement Canadian en ce qui concerne le 400 ième anniversaire de la fondation de la ville de Québec qui constitue aussi l'anniversaire de naissance de l'Amérique française. Le gouvernement du Québec se contente de faire de la figuration provinciale et abdique ses responsabilités historiques.

Jean Charest est allé jusqu'à souscrire explicitement au révisionisme fédéral en déclarant qu'il était « fier que le Québec ait fondé le Canada ». Un sundae avec ça?

En affirmant que « la fondation de Québec marque la naissance du Canada » et que "Champlain était le premier Governor-General" du Canada, les fédéraux prétendent établir une filiation ininterrompue entre la colonie française établie en Amérique du Nord en 1608 et le pays actuel. Il est amusant que constater que Harper contredit gaiement les affirmations des ses propres fonctionnaires .

Le but de la manœuvre est transparent : celle-ci est destinée à faire oublier le fait que le Canada actuel est le résultat de la conquête militaire de la colonie française par les britanniques au terme d'une guerre longue et meutrière (combien de milliers de morts?). Il y a une rupture très nette entre Champlain et Michäelle Jean. Le pouvoir est passé du Roi de France à celui d’Angleterre au terme d’une lutte acharnée. Il est ahurissant que constater que la France, qui a été battue, semble prétendre qu’il ne s’est rien passé.

C’est une bataille avec des vrais morts, du vrai sang et des vraies souffrances, qui a permis à Michäelle Jean d’occuper les fonctions qui sont siennes aujourd’hui. L'acte fondateur du Canada moderne est une fosse commune (les soldats tués lors de la bataille des Plaines d'Abraham sont enterrés dans plusieurs fosses communes proche de l’ancien hôpital général de Québec). Voilà la vérité à faire oublier. Si la Canada était réellement né en 1608, pourquoi donc les Québécois francophones voudraient-ils s'en séparer?

Dans cette histoire du 400 ième de Québec comme dans tous les secteurs névralgiques qui intéressent la vie d'un peuple, que l'on parle de langue (imposition du bilinguisme sauce Canadian au Québec), d'éducation (suppression de l'histoire nationale au secondaire), d'économie (laisser-aller complet, vente de nos fleurons industriels, bradage de nos ressources), de démographie (absence de politique familiale) le gouvernement du Québec aidé de celui d'Ottawa est engagé dans une entreprise de déconstruction de notre présence en Amérique.

Depuis 1995 nous assistons à une lente glissade du Québec français vers le néant. Cette glissade est aussi celle du dernier morceau encore vivace de l'Amérique française, qui fût une grande épopée. Les francophones sont maintenant minoritaires à Montréal et ont glissé sous la barre des 80% au Québec. Le triomphe de Durham est à portée de main.

Il nous faut d’urgence un autre Jacques Parizeau.

La langue de la piastre

McGill University vient d’annoncer que sa campagne de financement « Campaign McGill », lancée il y a 6 mois à peine et sensée durer 5 ans, a déjà permis d’amasser 400 millions de dollars, soit plus de la moitié du total prévu (750 M$).

En comparaison, la dernière campagne de financement de l’Université de Montréal avait pris 3 ans pour amasser la moitié seulement de la somme que McGill a amassée en 6 mois, soit 218 millions de dollars.

Il y a des limites à prétendre que Montréal est une ville de langue française alors que les institutions dominantes, les institutions les plus riches, les plus prestigieuses et celles qui connaissent l’expansion la plus rapide sont de langue anglaise.

Les Ministres auront beau faire de beaux discours, la Loi sur les langues officielles du Canada aura beau prétendre que l'anglais et le français sont égaux, reste que la langue de la piastre à Montréal, c’est l’anglais.

Qu'est-ce qu'un chef?

"Quant à moi, qui prétendais gravir une pareille pente, je n'étais rien, au départ. À mes côtés, pas l'ombre d'une force, ni d'une organisation. En France, aucun répondant et aucune notoriété. À l'étranger, ni crédit, ni justification. Mais ce dénuement même me traçait ma ligne de conduite. C'est en épousant, sans ménager rien, la cause du salut national que je pourrais trouver l'autorité. C'est en agissant comme champion inflexible de la nation et de l'État qu'il me serait possible de grouper, parmi les Français, les consentements, voire les enthousiasmes, et d'obtenir des étrangers respect et considération. Les gens qui, tout au long du drame, s'offusquèrent de cette intransigeance ne voulurent pas voir que, pour moi, tendu à refouler d'innombrables pressions contraires, le moindre fléchissement eût entraîné l'effondrement. Bref, tout limité et solitaire que je fusse, et justement parce que je l'étais, il me fallait gagner les sommets et n'en descendre jamais plus."

Charles de Gaulle, "Mémoires de Guerre-L'appel".

Les émissions jeunesse bilingues à Télé-Québec

Si vous avez la chance d’avoir de jeunes enfants, vous connaissez sans doute l’existence des émissions pour enfants « Dora the Explorer-Dora l’exploratrice » et son pendant masculin « Diego », émissions qui sévissent quotidiennement dans le cas de Dora et les dimanche et samedi à 8h30 pour Diego. La particularité de ces émissions américaines, outre la marchandisation à outrance de produits dérivés qui leur est attachée, est d’être bilingue.

Oui, oui, ces émissions jeunesse, qui ciblent les enfants d’âge pré-scolaire, mélangent allégrement les mots anglais aux mots français et les phrases anglaises aux phrases françaises. Il s’agit à mon avis d’une dérive majeure de Télé-Québec qui cadre très bien dans l’offensive généralisée du gouvernement du Québec et du gouvernement d’Ottawa pour faire avancer l’anglais au Québec et faire reculer le français. La sur-valorisation hystérique de l’anglais qui a actuellement cours au Québec nous a donné l’anglais en première année, la suggestion d’enseigner l’histoire en anglais, la bilinguisation généralisée des services gouvernementaux, un nouveau mégahôpital anglais en construction à Montréal, le déclin des cégeps et universités de langue française, l’exclusion des unilingues francophones du marché du travail, et j’en passse. Sans doute est-ce pour préparer nos enfants au Québec de demain, où l’anglais sera la langue dominante, que le Direction de Télé-Québec a programmé ces émissions américaines où l’on prétend ouvrir les enfants au monde, mais où l’on ne propose que l’anglais, l’anglais et toujours l’anglais. Englisch ueber alles! (où sont passées les bonnes vieilles émissions jeunesses québécoises de nos jeunes années???).

Voici une plainte que j’ai adressée à Télé-Québec ainsi que leur réponse (qui ne m’a guère impressionnée).

Objet : Plainte contre la diffusion de l'émission pour enfants « Diego »

Monsieur, Madame,

Par la présente, je désire porter plainte contre l’émission pour enfants intitulée « Diego » diffusée sur les ondes de Télé-Québec les samedis et dimanches matins. Je demande que cette émission soit retirée des ondes car on y utilise un langage inapproprié en mélangeant le français et l’anglais comme s’il s’agissait d’une seule et même langue.

Ceci n'est pas «éducatif», mais est de nature à semer la confusion linguistique dans la tête de jeunes enfants.

Cordialement,

Frédéric Lacroix

OBJET : votre plainte relative à la série DIEGO

Monsieur Lacroix,

Votre plainte datée du 2 avril 2008 nous a été remise pour attention et réponse.

« Nous avons visionné l’épisode diffusé le 1er mars et rencontré les personnes responsables de notre programmation-jeunesse pour discuter du contenu de votre plainte. Tout d’abord, il nous apparaît important de situer cette merveilleuse série destinée aux enfants d’âge préscolaire (2 à 5 ans) dans son contexte. Peut-être êtes-vous également familier avec la série intitulée « Dora l’exploratrice » qui s’adresse davantage aux petites filles. La série Diego - Diego étant le cousin de Dora - s’adresse aux petits garçons du même âge. Ces deux séries ont, entre autres objectifs, de familiariser les enfants à une langue étrangère.

En effet, Diego est une série américaine ludique et interactive dont l’objectif est d’apprendre plein de mots nouveaux aux enfants, de les faire participer, par des mouvements et des sons, aux péripéties du héros, en plus de les sensibiliser à une langue étrangère. Dans la série originale, on sensibilisait les petits Américains à la langue espagnole.

Cette série a été traduite en France, et les passages en espagnol dans la série originale ont été traduits en anglais dans la version française. Mais la série poursuit toujours les mêmes objectifs : enseigner de nouveaux mots, découvrir l’environnement, faire bouger les enfants et les sensibiliser à une langue étrangère.

Cette série fait partie de la liste des séries pour enfants louangées par l’organisme Parent’s Choice (http://www.parents-choice.org/) dont la mission est de fournir aux parents des informations pour les aider à choisir les meilleurs outils afin que leur enfant lise, joue et apprenne plus et mieux et grandisse de façon imaginative tant physiquement, moralement que mentalement.

D’où la présence de mots, de phrases, d’un refrain et même d’une chanson en langue anglaise dans l’épisode diffusé le 1er mars. Cela ne doit pas faire oublier, ou mettre de côté, la richesse du vocabulaire français utilisé, la syntaxe impeccable et la variété des sujets abordés : noms d’animaux (guépard, caïman, perroquet, singe, serpent, tortue de mer, méduse, requin, baleine et baleineau, etc.), moyens de transport (canot, montgolfière, bicyclette) etc.

Vivant en Amérique du Nord, nos enfants auront à composer tous les jours avec la réalité mondiale dont l’anglais est une des langues prédominantes. Demain, ce sera sans doute l’espagnol, après-demain le chinois et/ou l’hindi et sans doute aussi l’arabe et/ou le russe! L’enfant doit se faire l’oreille à ces sons nouveaux avant même d’entrer à l’école.

Depuis plus de trente ans, notre Société est réputée pour la qualité de ses émissions pour enfants pour lesquelles elle déploie beaucoup de recherches, d’énergies, de ressources et de savoir-faire. Nous avons des exigences élevées quant à la qualité de la langue française et ce, autant pour les séries originales que pour celles qui sont traduites. »

Nous espérons que ces explications vous satisferont et nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre programmation.

Pour : Le directeur général

Affaires juridiques, ressources humaines et services techniques

Par : Danielle Villemaire

Conseillère juridique

Société de télédiffusion du Québec

1000, rue Fullum

Montréal (Québec)

H2K 3L7

Téléphone: 514.521.2424 #2258

Télécopieur: 873.7739

Courriel: dvillemaire@telequebec.tv

L'assaut sur Québec inc.

Jacques Parizeau a fait quelques sorties médiatiques bien senties dans les derniers mois afin de tenter d’alerter l’opinion publique aux dangers du processus de déconstruction des instruments et institutions à vocation économique québécois qui est enclenché depuis quelques années. Ce n’est pas parce que le PQ est dans un coma intellectuel depuis 12 ans que les ennemis du Québec, eux, sont inactifs.

Dans sa conférence présentée au Gesù le 18 février dernier, il s’attardait longuement à la liquidation de la bourse de Montréal, au danger de rachat de la Banque Nationale, au changement de mission de la Caisse de dépôts de placements (le volet «  développer l’économie du Québec » à été rayé par Jean Charest dès son entrée en poste, remplissant ainsi une commande et un fantasme de Bay Street). Les exemples de déstructuration de l’économie québécoise par Ottawa sont, hélas, nombreux, et sont tous fondés sur le principe jadis énoncé par Stéphane Dion « plus ils souffriront économiquement, plus l’appui à l’indépendance va baisser » : pensons à l’industrie aéronautique québécoise, par exemple, qu’Ottawa cherche constamment à délocaliser vers l’Ontario et l’Ouest.

À ces exemples, j’aimerais en rajouter deux peut-être moins connus :

1) Le financement de l’Institut national d’optique (INO), institut de recherche qui emploie plus de 200 personnes à Québec et qui est à l’origine de la création de nombreux emplois bien payés, que le fédéral a essayé de couper l’année dernière. Finalement, devant le tollé, une partie du financement (15 millions de dollars) a été émis à la condition de transformer l’INO en « Centre d’excellence en commercialisation et en recherche », appellation ronflante pour indiquer qu’en échange de ce financement, l’INO devait cesser de créer la totalité de ses emplois à Québec et devait effectuer une expansion « pan-canadienne », ce qui signifie ouvrir des bureaux en Ontario et dans l’Ouest. Une partie des emplois va donc échapper au Québec avec toutes leurs retombées potentielles, la langue de travail va devenir lentement mais sûrement l’anglais et l’INO va cesser de s’identifier comme entreprise « québécoise ». La mentalité fédérale se résume ainsi : les subventions structurantes en recherche, c’est bon pour l’Ontario, mais c’est inacceptable au Québec. Le gouvernement du Québec, qui investit beaucoup dans l’INO, a gardé un silence assourdissant devant ce coup de jarnac asséné à une de nos rares institutions de recherche.

2) Jacques Parizeau déplore le rôle peu glorieux joué par le Mouvement Desjardins dans le dossier de la liquidation de la Bourse de Montréal. On se rappelle que Desjardins a conseillé le Toronto Stock Exchange dans cette transaction. Rappellons-nous que l’arrivée d’Alban d’Amours à la tête de Desjardins en 2000 a signifié un virage du Mouvement vers le Canada anglais; aujourd’hui, 20 % des revenus de Desjardins proviennent du Canada anglais et le but explicite est de les augmenter encore. Conseiller le Toronto Stock Exchange était donc une façon logique de s’attirer les grâces de Bay Street afin de pénétrer le marché canadien. D’autres initiatives visant à plaire au Canada anglais ont vu le jour dans les dernières années : notons que Desjardins a ouvert une succursale « pour les anglophones et les communautés culturelles » sur la rue Peel à Montréal récemment (on y travaille en quelle langue vous pensez???) et a donné beaucoup d’argent à McGill et Concordia University dans les dernières années. Desjardins est tranquillement en train de se muer en institution « Canadian ».

On n’a pas fini de déplorer la fin de Québec inc.

Dons

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